Passa al contenuto principale

AT A WALKING PACE

Effort, craft, community.

Before 1955, Chamois was an island among the mountains. The only link connecting it to the valley was the Seingles mule track: 93 grueling hairpin turns covering a 700-meter vertical drop separating it from Buisson.

Life in the village followed the harsh rhythms of self-sufficiency, dictated by a near-total subsistence economy. The day began in the dead of night: milking started at 3:30 AM so the milk could be delivered to the communal dairies by dawn for the production of butter and cheese. Bread was baked in the communal oven only once a year, in December, then placed to dry on wooden ratélé racks so it would last for months. Once it became as hard as stone, it was broken with a bread-cutter and soaked in milk or soup. Local craftsmanship was limited to essential traditional items, such as séton, hazelwood baskets which are still a symbol today of a “know-how” passed down through the centuries. Little left the valley and little entered; almost everything necessary was found and produced right there.

Survival was not an individual matter but a collective pact. Families organized themselves in shifts to walk down to the valley for supplies. Together, they cleared the snow from the roads and lent a hand with the hay, wheat, rye, and barley – the territory’s most common crops. They supported one another in times of need, and with no doctors available, every emergency was a challenge.

Despite the isolation, culture was paramount: between the 1700s and 1900s, the municipality counted five schools, one for each hamlet – a testament to a community investing in its future. And even amidst the hardships, there was still room for ingenuity and play. Children transformed their heavy wooden satchels into sleds, hurtling over the snow through laughter and flying books, and skied on handcrafted skis made from ash wood cut along the stream.

It was a hard life, sure, but one rooted in a sense of community that today, in the era of speed, appears as the first true treasure of Chamois.

A PASSO D’UOMO

FATICA, INGEGNO, COMUNITÀ.

Prima del 1955, Chamois era un’isola tra le montagne. L’unico legame con la valle era la mulattiera delle Sein-gles: 93 faticosi tornanti per 700 metri di dislivello che la separano da Buisson.

La vita in paese seguiva i ritmi duri dell’autosufficienza, con un’economia di sussistenza quasi totale. La giornata iniziava nel cuore della notte: la mungitura partiva alle 3:30 del mattino per permettere di portare il latte alle latterie turniarie all’alba. Il pane si cuoceva nel forno comune una sola volta l’anno, a dicembre, doveva durare mesi e, quando diventava duro come pietra, veniva spezzato con il coppapan e inzuppato nel latte. L’artigianato locale si riduceva a pochi prodotti necessari e tipici, come le gerle in nocciolo, ancora oggi simbolo di un saper fare tramandato nei secoli. Poco usciva dalla valle e poco ne entrava, vi si trovava e vi si fabbricava quasi tutto il necessario.

La sopravvivenza non era una questione individuale ma un patto collettivo. Le famiglie si organizzavano in turni per scendere a piedi a valle a fare la spesa. Insieme si pulivano le strade dalla neve e ci si dava una mano per il fieno, per il grano, la segale e l’orzo – le colture più comuni del territorio. Ci si supportava a vicenda in caso di bisogno e, senza medici, ogni emergenza era una sfida.

Nonostante l’isolamento, la cultura era importante: tra il 1700 e il 1900 il comune contava ben cinque scuo-le, una per frazione, a testimonianza di una comunità che investiva nel proprio futuro. E, tra le difficoltà, c’era spazio anche per l’ingegno e il gioco. I bambini trasformavano le pesanti cartelle di legno in slittini, lanciandosi sulla neve tra risate e libri che volavano via, e sciavano su artigianali sci in legno di frassino tagliato lungo il torrente.

Era una vita dura, certo, ma radicata in un senso di comunità che oggi, nell’era della velocità, appare come il primo, vero tesoro di Chamois.

Pas à pas

Fatigue, ingéniosité, communauté.

Avant 1955, Chamois était un îlot au cœur des montagnes. Le chemin muletier des Seingles, était le seul lien avec la vallée : 93 tournants en lacets escarpés pour 700 mètres de dénivelé à franchir depuis Buisson.

La vie au village suivait les rythmes épuisants de l’autarcie, avec une économie de subsistance presque totale. La journée commençait au milieu de la nuit : la traite débutait le matin à 3h30 afin de pouvoir amener le lait à l’aube dans les laiteries communautaires, pour la production de beurre et de fromages. Le pain était préparé et cuit dans le four du village une seule fois par an, au mois de décembre, puis mis à sécher sur les ratélé en bois, pour le conserver pendant des mois et, quand il devenait dur comme de la pierre, il était découpé en morceaux avec le coppapan et amolli dans le lait ou dans la soupe. L’artisanat local était limité à la production d’ustensiles et d’objets nécessaires à la vie quotidienne, comme les séton, hottes en noisetier, symboles encore aujourd’hui d’un savoir-faire transmis au fil des siècles. Peu de choses sortaient de la vallée et peu de produits y entraient ; on devait donc fabriquer et trouver sur place presque tout le nécessaire.

La survie n’était pas une question individuelle mais un pacte collectif. Les familles s’organisaient à tour de rôle pour descendre à pied faire les courses dans la vallée. Ensemble on déneigeait les rues et on se donnait un coup de main pour la fenaison, la moisson du blé, du seigle et de l’orge, les cultures typiques du territoire. On s’entraidait en cas de nécessité et, sans médecins, chaque émergence devenait un véritable défi.

Malgré l’isolement, la culture était importante : entre 1700 et 1900, la municipalité comptait jusqu’à cinq écoles de hameaux, témoignages d’une communauté attentive à son avenir. Et, parmi toutes ces difficultés, l’ingéniosité et le jeu ne faisaient point défaut. Les enfants transformaient en luges les lourds cartables en bois, s’élançant sur la neige au milieu des rires et des livres qui s’envolaient, et l’on skiait avec des skis créés artisanalement en bois de frêne coupé le long du torrent.

C’était une vie rude, certes, mais enracinée dans un sens de la communauté qui, de nos jours, à l’époque de la vitesse et de la compétition, apparaît comme le premier, véritable trésor de Chamois.

CHAMOIS NEL PASSATO per gentile concessione dell’associazione Insieme A Chamois

“We were more united, we lent each other a hand with whatever was needed. For the grain, for everything.”

Amelia Ducly
from the film “Chamois nel passato”, produced by Insieme a Chamois, based on an idea by Alessandro Cavalli, Beatrice Fusaroli and Lucia Vetrano.

“Eravamo più uniti, ci si dava una mano per qualunque cosa: per il grano, per tutto.”

Amelia Ducly
citazionE trattA dal film “Chamois nel passato”, produzione Insieme a Chamois, da un’idea di Alessandro Cavalli, Beatrice Fusaroli e Lucia Vetrano.

« Nous étions plus unis, on s’entraidait pour n’importe quoi : pour le blé, pour tout. »

Amelia Ducly
citation tirée du film “Chamois nel passato”, production Insieme a Chamois, à partir d’une idée de Alessandro Cavalli, Beatrice Fusaroli et Lucia Vetrano.